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日志


5月2日

Mai 68

 

Parce que nos aînés ne sont pas toujours comme Jeanne Calmant. Parce que les cons d'hier sont les cons d'aujourd'hui.

Au cours du mois de mai 1968, la France est le théâtre d'un important mouvement étudiant et social qui force le général de Gaulle à dissoudre l'Assemblée nationale et à organiser de nouvelles élections. Ce mouvement fait partie d'un ensemble d'évènements dans les milieux étudiants d'un grand nombre de pays, comme la République fédérale d'Allemagne (mouvement SDS - Sozialistischer Deutscher Studentenbund), les États-Unis (actions contre la guerre du Viêt Nam), la Tchécoslovaquie (Printemps de Prague), le Japon ou le Mexique. Ce mouvement de contestation étudiante débute des deux côtés du rideau de fer. Dès 1967, plusieurs campus aux États-Unis ou en Pologne, par exemple, s'insurgent contre la politique éducative.

En France, ces évènements prennent cependant une ampleur particulière car ils sont accompagnés de puissantes manifestations d'étudiants, puis d'une grève générale qui paralyse complètement le pays (des camions militaires devront assurer des transports de fortune). Ce mouvement s'accompagne d'une vague de réunions informelles à l'intérieur des organismes, des entreprises, des administrations, des lycées et des universités, des théâtres, des maisons de jeunes, des maisons de la culture.

Dans tout le pays, les portes s'ouvrent à n'importe quel citoyen, la parole se libère et devient pour quelques semaines la raison d'être des Français. Enthousiasmé ou catastrophé, dubitatif ou méditatif, chacun selon sa sensibilité participe ou observe. Des dialogues intenses se nouent dans les rues, entre inconnus, et à travers les générations.

L'un des symboles de ces lieux de débats est l'Odéon à Paris où l'on peut entendre s'affronter, dans des débats pris très au sérieux jour et nuit, quelques syndicalistes délégués de chez Renault, des ménagères du quartier, des étudiants, un groupe de jeunes de droite de Neuilly-sur-Seine venus en touristes, un autre groupe de lycéens d'une banlieue ouvrière, tel ou tel artiste célèbre, des professeurs, un conseiller municipal aux abois, un ou deux cadres d'entreprise catastrophés, pendant que dans les coulisses du théâtre, quelques échevelés de la libération sexuelle se livrent à des ébats spontanés et sans intimité.

À tout moment dans tel ou tel lieu de France, un militant de telle ou telle organisation, plus ou moins rompu à la dynamique de groupe en vogue, s'impose pour faire voter une « motion » en « assemblée générale » qui se perd dans un flot de tracts et achève parfois sa course dans un article de presse, si un journal peut paraître, suivant le destin d'une bouteille à la mer lancée à Maubeuge et ouverte dans l'Île de la Cité. On découvrira des attitudes personnelles surprenantes, comme celle du député Valéry Giscard d'Estaing allant seul à l'aube à la rencontre des ouvriers de Billancourt qui occupent leur usine.

Le Général de Gaulle qualifiera ce tsunami social de « chienlit ».

 

 Rappelons-nous les maximes de Mai 68...
 
 Quelques slogans
 
Il est interdit d'interdire.
ce slogan mérite une place spéciale : « Il est interdit d'interdire » fut, au départ simple boutade autoréférentielle lancée par le fantaisiste Jean Yanne ; il fut par la suite repris au premier degré, ce dont le concerné se montrera surpris... et amusé.
 
L'imagination prend le pouvoir !
 
À bas la société spectaculaire marchande.
 
Je prends mes désirs pour des réalités car je crois en la réalité de mes désirs.
 
Nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui (cette phrase tirée de l'introduction du Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem fut largement commentée par Thierry Maulnier, qui était membre de l'Académie française, et par le chroniqueur André Frossard, qui le deviendra).
 
Ceux qui font les révolutions à moitié ne font que se creuser un tombeau.
 
On ne revendiquera rien, on ne demandera rien. On prendra, on occupera.
 
Plébiscite : qu'on dise oui qu'on dise non, il fait de nous des cons.
 
La liberté n'est pas un bien que nous possédions. Elle est un bien que l'on nous a empêché d'acquérir à l'aide des lois, des règlements, des préjugés, ignorance... (Nanterre)

Quand le doigt montre la lune, l'imbécile regarde le doigt. (Proverbe chinois, Conservatoire de Musique)