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July 07

Le désespoir besoin d'aimer
Au mal L'orage avorte la pluie pèle Et le soleil sonne le creux Soufflez gorets râlez corbeaux Jeunesse bave dans les caves Le froid noir s'installe aux lucarnes Faute de vivre l'on vivote Savoir fait l'aumône aux ignares La rouille a des racines d'or La belle chair est une ortie La lèvre gèle en un baiser On glisse dans la boue du cœur Les morts habitent des palais Qui que tu sois saisis une arme Et venge-toi de ce désastre Les miroirs ont proliféré Pour qu'on cesse un soir de s'y voir. Au bien Merveille c'est d'aimer encore Malgré ce mur illimité Comme un mineur qui songe au jour Le jour son cœur le fait monter Tu n'es pas là ton corps existe Et les étoiles de tes mains Disparues sont toujours présentes Vois le poète se transforme Je rêve j'ai toujours rêvé Au crépuscule en négatif Et la merveille aurait pu être De ne pas naître d'être absent Mais toi tu vaux d'avoir été Et d'être en dépit du néant Je sais tes seins je sais ton cœur Tes yeux qui s'ouvrent en mes yeux Malgré mon vieux rêve d'aveugle T'aimer chante assez haut la nuit Pour allumer un autre monde Que celui de ma propre vie T'aimer me rend à tous les hommes.
Paul Eluard
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