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日志


5月25日

Sables mouvants

 
 
 
 
 
Sables mouvants
 
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

 

Jacques Prévert

 
Photo ZOE

5月13日

Nocturne Renée Vivien

 

Nocturne...
J'adore la langueur de ta lèvre charnelle
Où persiste le pli des baisers d'autrefois.
Ta démarche ensorcelle,
Et la perversité calme de ta prunelle
A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froid.
Tes cheveux, répandus ainsi qu'une fumée
Clairement vaporeux, presque immatériels
Semblent, Ô bien-aimée,
Recéler les rayons d'une lune embaumée
D'une lune d'hiver dans le cristal des ciels.
Le soir voluptueux a des moiteurs d'alcôve ;
Les astres sont comme des regards sensuels
Dans l'éther d'un gris mauve,
Et je vois s'allonger inquiétant et fauve,
Le lumineux reflet de tes ongles cruels.
Sous ta robe, qui glisse en un frôlement d'aile
Je devine ton corps, les lys ardents des seins,
L'Or blême de l'aisselle,
Les flancs doux et fleuris, les jambes d'Immortelle
Le velouté du ventre et la rondeur des reins.
La terre s'alanguit, énervée, et la brise,
Chaude encore des lits lointains, vient assouplir                  
La mer enfin soumise...
Voici la nuit d'amour depuis longtemps promise
Dans l'Ombre je te vois divinement pâlir
 
 
Renée Vivien (1901)

 

5月8日

Le monument des Girondins

 

La place des Quinconces, située à Bordeaux est la plus grande place d'Europe (126 000 m²).

Elle est aménagée de 1810 à 1828 sur l'emplacement du château Trompette (du nom du ruisseau Tropeyte, qui traversait le quartier détruit pour la construction de la citadelle), fortification construite par J.Bureau sous Charles VII, et améliorée par Vauban durant le règne de Louis XIV, destiné à empêcher toute rébellion de la ville, et remise à la ville en 1816 par ordonnance du roi Louis XVIII.Sa forme en carré allongé terminé par un hémicycle est adoptée vers 1816. Les arbres ont été plantés (en quinconces, d'où le nom de la place) en 1818.

Les deux colonnes rostrales (21 mètres de haut) situées face à la Garonne, ont été construites par Pierre-Alexandre Poitevin dès 1829.

 Chaque colonne a été ornée au tiers inférieur, par l’ornemaniste d’origine italienne N. Bonino, de quatre proues de galères prolongées de rostres formés de deux faisceaux de trois glaives.

 Les rostres rappellent la victoire des flottes romaines sur celles de Carthage et, depuis l’Antiquité, signifient la maîtrise triomphale des mers.

 Au-dessus, en simple relief, deux statues de Monceau se répétant à la verticale des proues : l'une symbolise le Commerce et l'autre la Navigation.

 Le chapiteau supporte un édicule circulaire couvert d’une coupole. Le décor, finement sculpté par Bonino sur le fût, copie les proues et les ancres figurant sur le modèle de référence du musée du Capitole, mais Poitevin y a ajouté le caducée de Mercure et l’étoile qui guide le marin, attributs du Commerce et de la Navigation.

 

Les statues de Montaigne et de Montesquieu du sculpteur Dominique Fortuné Maggesi en marbre blanc sont placées en 1858.

 

Monument aux Girondins

C'est en 1881, à l'approche du centenaire de la Révolution, que la ville de Bordeaux émit le vœu d'ériger ce monument aux Girondins et à la République, à la mémoire des députés Girondins victimes de la Terreur, apportant ainsi les preuves de sa fidélité à la IIIe République et à ses anciens

. Mais le monument ne fut construit qu'entre 1894 et 1902 sur la place des Quinconces, cette immense place au cœur de Bordeaux, où trônait jadis le Château Trompette

 

Le monument a été conçu par l'architecte Victor Rich, le sculpteur bordelais Achille Dumilâtre ainsi que Félix Charpentier et Gustave Debrie. Ils ont élevé une colonne, placée au centre de deux demi-bassins, surmontée à 43 mètres du sol, par le Génie de la Liberté brisant ses fers

. D'autres statues complètent l'ensemble : le Coq Gaulois, la Tribune, l’Éloquence et l’Histoire, tournées vers le fleuve, constituent la dédicace de ce monument aux députés Girondins ; de l'autre côté, regardant vers la ville, trois statues de femmes représentent la ville de Bordeaux, la Garonne ainsi que la Dordogne.

Enlevées durant la Seconde Guerre mondiale pour récupérer le métal, tous ces éléments ne retrouveront leur place initiale qu'en 1983.

Dans le bassin tourné vers le Grand Théâtre, c'est « le Triomphe de la République » qui a été choisi comme thème, avec des statues représentant le travail et la sécurité, symbolisés par le Forgeron et le Lion

. Dans le second bassin, orienté vers le jardin public, c'est le Triomphe de la Concorde qui protège la Fraternité et l' Abondance, source de la prospérité du Commerce et de l' Industrie, symbolisés par les trois enfants à gauche, tandis que les Arts sont représentés par les trois autres enfants à droite. Dans ce bassin, les chevaux de Gustave Debrie amènent le Bonheur - exprimé par un dauphin - au chérubin.

Le monument principal est élevé entre 1894 et 1902 à la mémoire des députés Girondins victimes de la Terreur.

Il se compose d'un large socle encadré de deux bassins, ornés de chevaux et de groupes en bronze, et surmonté d'une colonne de 43 mètres de haut où culmine (à 54 mètres de hauteur) la statue de la liberté brisant ses fers en bronze vert .

Parmi les sculptures :

vers le Grand Théâtre : le triomphe de la République

vers les Chartrons : le triomphe de la Concorde.

vers le fleuve : on trouve la Tribune avec le coq gaulois, à sa droite : l'Histoire et à sa gauche : l'Éloquence (2 personnes assises).

vers la place Tourny : la ville de Bordeaux assise sur la proue d'un navire avec une corne d'abondance. À droite du socle : la Dordogne et à gauche la Garonne.

Au pied du char avec chevaux : Ignorance, Mensonge et Vice. Le quadrige chevaux-poissons est une représentation du Bonheur. La colonne est réalisée par Achille Dumilâtre et Rich. Le piédestal est de Corgolin.

En 1983, on a replacé les chevaux enlevés durant l'Occupation et les bronzes ont été restaurés.

5月2日

Mai 68

 

Parce que nos aînés ne sont pas toujours comme Jeanne Calmant. Parce que les cons d'hier sont les cons d'aujourd'hui.

Au cours du mois de mai 1968, la France est le théâtre d'un important mouvement étudiant et social qui force le général de Gaulle à dissoudre l'Assemblée nationale et à organiser de nouvelles élections. Ce mouvement fait partie d'un ensemble d'évènements dans les milieux étudiants d'un grand nombre de pays, comme la République fédérale d'Allemagne (mouvement SDS - Sozialistischer Deutscher Studentenbund), les États-Unis (actions contre la guerre du Viêt Nam), la Tchécoslovaquie (Printemps de Prague), le Japon ou le Mexique. Ce mouvement de contestation étudiante débute des deux côtés du rideau de fer. Dès 1967, plusieurs campus aux États-Unis ou en Pologne, par exemple, s'insurgent contre la politique éducative.

En France, ces évènements prennent cependant une ampleur particulière car ils sont accompagnés de puissantes manifestations d'étudiants, puis d'une grève générale qui paralyse complètement le pays (des camions militaires devront assurer des transports de fortune). Ce mouvement s'accompagne d'une vague de réunions informelles à l'intérieur des organismes, des entreprises, des administrations, des lycées et des universités, des théâtres, des maisons de jeunes, des maisons de la culture.

Dans tout le pays, les portes s'ouvrent à n'importe quel citoyen, la parole se libère et devient pour quelques semaines la raison d'être des Français. Enthousiasmé ou catastrophé, dubitatif ou méditatif, chacun selon sa sensibilité participe ou observe. Des dialogues intenses se nouent dans les rues, entre inconnus, et à travers les générations.

L'un des symboles de ces lieux de débats est l'Odéon à Paris où l'on peut entendre s'affronter, dans des débats pris très au sérieux jour et nuit, quelques syndicalistes délégués de chez Renault, des ménagères du quartier, des étudiants, un groupe de jeunes de droite de Neuilly-sur-Seine venus en touristes, un autre groupe de lycéens d'une banlieue ouvrière, tel ou tel artiste célèbre, des professeurs, un conseiller municipal aux abois, un ou deux cadres d'entreprise catastrophés, pendant que dans les coulisses du théâtre, quelques échevelés de la libération sexuelle se livrent à des ébats spontanés et sans intimité.

À tout moment dans tel ou tel lieu de France, un militant de telle ou telle organisation, plus ou moins rompu à la dynamique de groupe en vogue, s'impose pour faire voter une « motion » en « assemblée générale » qui se perd dans un flot de tracts et achève parfois sa course dans un article de presse, si un journal peut paraître, suivant le destin d'une bouteille à la mer lancée à Maubeuge et ouverte dans l'Île de la Cité. On découvrira des attitudes personnelles surprenantes, comme celle du député Valéry Giscard d'Estaing allant seul à l'aube à la rencontre des ouvriers de Billancourt qui occupent leur usine.

Le Général de Gaulle qualifiera ce tsunami social de « chienlit ».

 

 Rappelons-nous les maximes de Mai 68...
 
 Quelques slogans
 
Il est interdit d'interdire.
ce slogan mérite une place spéciale : « Il est interdit d'interdire » fut, au départ simple boutade autoréférentielle lancée par le fantaisiste Jean Yanne ; il fut par la suite repris au premier degré, ce dont le concerné se montrera surpris... et amusé.
 
L'imagination prend le pouvoir !
 
À bas la société spectaculaire marchande.
 
Je prends mes désirs pour des réalités car je crois en la réalité de mes désirs.
 
Nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui (cette phrase tirée de l'introduction du Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem fut largement commentée par Thierry Maulnier, qui était membre de l'Académie française, et par le chroniqueur André Frossard, qui le deviendra).
 
Ceux qui font les révolutions à moitié ne font que se creuser un tombeau.
 
On ne revendiquera rien, on ne demandera rien. On prendra, on occupera.
 
Plébiscite : qu'on dise oui qu'on dise non, il fait de nous des cons.
 
La liberté n'est pas un bien que nous possédions. Elle est un bien que l'on nous a empêché d'acquérir à l'aide des lois, des règlements, des préjugés, ignorance... (Nanterre)

Quand le doigt montre la lune, l'imbécile regarde le doigt. (Proverbe chinois, Conservatoire de Musique)