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    March 24

    Andre Mage De Fiefmelin

     

     

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    Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous,

    Où la guerre, la paix, l'amour, la haine, l'ire,

    La liesse, l'ennui, le plaisir, le martyre

    Se suivent tour à tour et se jouent de nous.

     

    Ce Monde est un théâtre où nous nous jouons tous

    Sous habits déguisés à malfaire et médire.

    L'un commande en tyran, l'autre, humble, au joug soupire ;

    L'un est bas, l'autre haut, l'un jugé, l'autre absous.

     

    Qui s'éplore, qui vit, qui joue, qui se peine,

    Qui surveille, qui dort, qui danse, qui se gêne

    Voyant le riche soûl et le pauvre jeûnant.

     

    Bref, ce n'est qu'une farce, ou simple comédie

    Dont, la fin des joueurs la Parque couronnant

     

     

    Andre Mage De Fiefmelin     

     

     

     

    Né dans l’Île d’Oléron. Il ne bougea pas de ce pays, ni de la religion protestante. Sa vie pour le reste est mal connue (peut-être même s’appelait-il Antoine). Son œuvre poétique (1250 pages dans l’édition complète de 1601) n’a été redécouverte que récemment.

     

     

    March 16

    Albert Camus-La mer au plus près

     

     

     

     

    Lacanau

     

    Seuls aussi avec l’horizon.

    Les vagues viennent de l’Est invisible, une à une,
    patiemment, repartent vers l’Ouest inconnu, une à une.
    Long cheminement, jamais commencé, jamais achevé…
    La rivière et le fleuve passent, la mer passe et demeure.
    C’est ainsi qu’il faudrait aimer, fidèle et fugitif.
    J’épouse la mer…

    …J’ai toujours eu l’impression de vivre en haute mer, menacé, au cœur d’un bonheur royal.

     

    Albert Camus,

    La mer au plus près, journal de bord, 1953

     

     

    March 10

    Paul Eluard -Surgis

     

     

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    Surgis d'une seule eau 

    Comme une jeune fille seule 

    Au milieu de ses robes nues 

    Comme une jeune fille nue 

    Au milieu des mains qui la prient 

    Je te salue 

           

    Je brûle d'une flamme nue 

    Je brûle de ce qu'elle éclaire 

    Surgis ma jeune revenante 

    Dans tes bras une île inconnue 

    Prendra la forme de ton corps 

    Ma souriante 

        

    Une île et la mer diminue 

    L'espace n'aurait qu'un frisson 

    Pour nous deux un seul horizon 

    Crois- moi surgis cerne ma vue 

    Donne la vie à tous mes rêves 

    Ouvre les yeux

     

     

     
    Découvrez Francis Cabrel!

    March 02

    La chanson du vitrier

     
     
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    « A Jacques Prévert », Jean-Michel Folon, 1979

     
     
    Comme c’est beau
    ce qu’on peut voir comme ça
    à travers le sable à travers le verre
    à travers les carreaux
    tenez regardez par exemple
    comme c’est beau
    ce bûcheron
    là-bas au loin
    qui abat un arbre
    pour faire des planches
    pour le menuisier
    qui doit faire un grand lit
    pour la petite marchande de fleurs
    qui va se marier
    avec l’allumeur de réverbères
    qui allume tous les soirs les lumières
    pour que le cordonnier puisse voir clair
    en réparant les souliers du cireur
    qui brosse ceux du rémouleur
    qui affûte les ciseaux du coiffeur
    qui coupe le ch’veu au marchand d’oiseaux
    qui donne ses oiseaux à tout le monde
    pour que tout le monde soit de bonne humeur.

    (Jacques Prévert, Histoires et d’autres histoires, 1963)