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February 22 Déshabillez-moi,Déshabillez-moi,
Déshabillez-moi, déshabillez-moi
Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite Sachez me convoiter, me désirer, me captiver Déshabillez-moi, déshabillez-moi Mais ne soyez pas comme tous les hommes, trop pressés. Et d'abord, le regard Tout le temps du prélude Ne doit pas être rude, ni hagard Dévorez-moi des yeux Mais avec retenue Pour que je m'habitue, peu à peu... Déshabillez-moi, déshabillez-moi Oui, mais pas tout de suite, pas trop vite Sachez m'hypnotiser, m'envelopper, me capturer Déshabillez-moi, déshabillez-moi Avec délicatesse, en souplesse, et doigté Choisissez bien les mots Dirigez bien vos gestes Ni trop lents, ni trop lestes, sur ma peau Voilà, ça y est, je suis Frémissante et offerte De votre main experte, allez-y... Déshabillez-moi, déshabillez-moi Maintenant tout de suite, allez vite Sachez me posséder, me consommer, me consumer Déshabillez-moi, déshabillez-moi Conduisez-vous en homme Soyez l'homme... Agissez! Déshabillez-moi, déshabillez-moi Et vous... déshabillez-vous Paroles: Robert Nyel. Musique: Gaby Verlor 1967 February 15 Pablo Neruda- Si Tu Me OlvidasLE MUR DES "JE T'AIME" est implanté à Paris, sur la butte Montmartre, place des Abbesses, dans le square Jehan Rictus
Si Tu Me Olvidas
SI TÚ ME OLVIDAS Si tu m'oublies
Si tu m'oublies . February 10 Leila Zhour
Aime-moi.
Oh cette nécessité ! Aime-moi, parole forte. Dis-moi, dis-moi ces mots manquants, Dis-moi jusqu'à remplir le creux de mon âme Ces mots lents qui coulent jusqu'aux tréfonds de l'être.
Je veux ton amour, Je veux ton souffle à mon rythme, Je veux ces mots en toi. Dis-moi, dis-moi au-delà du silence, Dis-moi l'amour, tout ton amour. Que sonne l'absurde de la passion qui nous tient.
Aime-moi de ces mots qui caressent la chair, Aime-moi à m'étourdir en ta parole. Je veux, je veux sans le dire Que tu saches me le dire. Oh cette nécessité ! Brûlante, Dévorante.
Dévastée de silence, Ruinée dans l'isolement, le doute, Dis-moi le feu, l'ivresse, Dis-moi le désir qui ravine nos lèvres, Dis-moi sans futur le présent inconstant De seconde en seconde hors de la fuite Qui tu es, Que je saisisse ton être maintenant.
Un drap de soie à peine opaque, Ta voix posée en plis légers Autour de ma taille. Ta voix encore, surgie par effraction, Un labyrinthe élucidé dans mon âme qui te cherche.
Dis-le, dis-le Ce mot terrible que tu fuis. Oh cette nécessité ! Brûlure de toi, Un empire insensé
Leila Zhour February 01 Louis Calaferte_ SeptentrionElle ouvre la porte. Eteint la lumière derrière elle. Elle reste sans bouger, dans l'encadrement, présentée, offerte. Elle apparaît, elle se plante dans la chambre et je la subis. Elle se révèle, elle est là pour que je la soupèse, immobile, tout investie d'elle-même. Les cheveux coulants, déployés autour de sa tête, sur les épaules découvertes dans sa robe à grands ramages, qui glisse le long de son corps, pelure de tissu soyeux presque de sa peau couleur bronze. Elle est belle. Une expression de gravité impressionnante sur les traits, elle comparait devant moi, elle se montre, plus dépouillée, plus entière que si elle était nue. Elle vient se soumettre, se faire juger, comme si elle n'avait d'autre défense, d'autre langage que cette beauté brute. Elle attend. C'est un tel abandon, une telle offrande de sa présence que cela me trouble, me semble étrange, insensé, fascinant et pur comme la première approche du couple au seuil des noces. Je la porte, je l'encercle dans mon regard. Elle est debout en moi. Grande. Accomplie. Éclose. Je voudrais retarder le moment de brouiller ce silence, cette inertie dont la chambre est empesée. A la vue de cette femme quelque chose en moi se déchire. Désir effréné de la posséder, mais aussi de l'entourer de respect, précieuse, de la célébrer, de n'avoir envers elle que des gestes de ménagement empreints d'une vaste douceur.
Louis Calaferte_ Septentrion |
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