MicheLLe's profileNota BenePhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    November 20

    Jacques Prévert -Sanguine

    passionw.jpg
     
     
    Sanguine
     

    La fermeture éclair a glissé sur tes reins
    Et tout l’orage heureux de ton corps amoureux
    Au beau milieu de l’ombre
    A éclaté soudain
    Et ta robe en tombant sur le parqué ciré
    N’a pas fait plus de bruit
    Qu’une écorce d’orange tombant sur un tapis
    Mais sous nos pieds
    Ses petits boutons de nacre craquaient comme des pépins
    Sanguine
    Joli fruit
    La pointe de ton sein
    A tracé une nouvelle ligne de chance
    Dans le creux de ma main
    Sanguine
    Joli fruit
    Soleil de nuit

     

    Jacques Prévert

     

     

     
    November 15

    Charlotte Gainsbourg-L'un part l'autre reste

     

    quandlunpart3.jpg

     

    L´un part, l´autre reste

     Ont-ils oublié leurs promesses
     Au moindre rire, au moindre geste
     Les grands amours n´ont plus d´adresse
     Quand l´un s´en va, l´autre reste
     N´est-il pêché que de jeunesse
     N´est-il passé que rien ne laisse
     Les grands amours sont en détresse
     Lorsque l´un part, et l´autre reste

    Reste chez toi
     Vieillis sans moi
     Ne m´appelle plus
     Efface moi
     Déchire mes lettres
     Et reste là
     Demain peut-être
     Tu reviendras

    Gestes d´amour et de tendresse
     Tels deux oiseaux en mal d´ivresse
     Les grands amours n´ont plus d´adresse
     Quand l´un s´en va et l´autre reste
     Sont-ils chagrins dès qu´ils vous blessent
     Au lendemain de maladresses
     Les grands amours sont en détresse
     Lorsque l´un part et l´autre reste

    De tristes adieux
     Quelle illusion
     Si c´est un jeu
     Ce sera non!
     Rends moi mes lettres
     Et reste là
     Demain peut-être
     Tu comprendras

    Ils n´oublieront pas leurs promesses
     Ils s´écriront aux mêmes adresses
     Les grands amours se reconnaissent
     Lorsque l´un part et l´autre reste.

     

    Charlotte Gainsbourg

    Paroles: Nathalie Rheims - Musique: Frédéric Botton

     

    . 

     

    November 05

    Renée Vivien - Je possède

     

    iris9j.jpg

     

     

    Je possède, en mes doigts subtils, le sens du monde,
    Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix,
    L'harmonie et le songe et la douleur profonde
    Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.

    Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles,
    Je partage leur vie intense en les touchant,
    C'est alors que je sais ce qu'elles ont en elles
    De noble, de très doux et de pareil au chant.

    Car mes doigts ont connu la chair des poteries
    La chair lisse du marbre aux féminins contours
    Que la main qui les sait modeler a meurtries,
    Et celle de la perle et celle du velours.

    Ils ont connu la vie intime des fourrures,
    Toison chaude et superbe où je plonge les mains !
    Ils ont connu l'ardent secret des chevelures
    Où se sont effeuillés des milliers de jasmins.

    Et, pareils à ceux-là qui viennent des voyages.
    Mes doigts ont parcouru d'infinis horizons,
    Ils ont éclairé, mieux que mes yeux, des visages
    Et m'ont prophétisé d'obscures trahisons.

    Ils ont connu la peau subtile de la femme,
    Et ses frissons cruels et ses parfums sournois...
    Chair des choses ! J'ai cru parfois étreindre une âme
    Avec le frôlement prolongé de mes doigts...

    Renée Vivien

     

     

     

    November 01

    Barbara - Les enfants de Novembre

     

     

    1enovembre.jpg

     

    Les enfants de novembre

     

    Comme le vent mouvant,
    Venus
    Du Nord au Sud,
    Comme le vent mouvant,
    Venus
    De l'Est en Ouest,
    Franchissant les torrents,
    Les coteaux,
    Les rivières,
    Franchissant les espaces
    D'ombre et de lumière,
    Comme des milliers d'oiseaux
    Qui feraient transhumance,
    Comme des milliers d'oiseaux
    Sur un ciel d'Espérance,
    Regarde-les venir,
    Les enfants de lumière.
    Les voilà qui avancent
    En dansant leur colère.
    Ils sont venus pour Un,
    Tombé sous la violence.
    Ils sont venus vous dire
    D'aimer nos différences.
    Beaux,
    Unicolores,
    Multicolores,
    Ils sont venus nous dire
    De taire nos violences.
    Comme des milliers d'oiseaux,
    Au-delà des frontières
    Qui, aux bouts de leurs ailes,
    Porteraient la lumière,
    Comme le vent
    Du Nord au Sud,
    Comme le vent
    De l'Est en Ouest,
    Regarde-les venir,
    Les oiseaux magnifiques.
    Ils portent l'Espérance,
    Les enfants de lumière.
    Laissez-les passer,
    Laissez-les passer,
    Laissez-les passer,
    Laissez-les passer.
    Ils portent l'Espérance,
    Les enfants de novembre
     
    Barbara