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日志


10月28日

Francis Cabrel - Je rêve

 

 

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Je rêve

 
 
Le vent a fait s'approcher les nuages
Il fait gris au dessus des plages
Et la mer a l'air triste aussi
Le ciel n'est plus qu'un long tissu de brume
Il va faire une nuit sans lune
Et demain je n'aurai pas dormi
Peut-être je vais rencontrer une dame
Quand j'irai accrocher mon âme
Sur les arêtes des rochers
Mais le vent souffle si fort sur ces pierres
C'est plus la peine que j'espère
L'amour ne peut pas s'y poser
Mais je rêve
Je lance des mots
Vers le jour qui s'achève
Je voulais qu'il reste
Il n'a pas entendu
Plus loin sur les rocs que la mer assaille
Cheveux et jupon en bataille
Combien de femmes ont attendu
Combien ont crevé leur cœur sur les vagues
Pour celui qui avait l'autre bague
Et qui n'est jamais revenu
Mais je rêve
Je lance des mots
Vers le jour qui s'achève
Je voulais qu'il reste
Il n'a pas entendu
La mer est plus forte que mon courage
Mais ce soir il y a des nuages
Et je sais qu'elle est triste aussi
Quand ces mots seront devenus des braises
Je monterai sur la falaise
Jeter leurs cendres dans la nuit
Mais je rêve
Je lance des mots
Vers le jour qui s'achève
Je voulais qu'il reste
Il n'a pas entendu
Je dédie ces mots
Aux amours qui s'achèvent
Je voudrais que tu restes
   

Paroles et Musique: Francis Cabrel  

 1979  "Les chemins de traverse"

 

 
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10月22日

René Char - A****

 

 

 

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.

A****

.

Tu es mon amour depuis tant d’années,

Mon vertige devant tant d’attente,

Que rien ne peut vieillir, froidir ;

Même ce qui attendait notre mort,

Ou lentement sut nous combattre,

Même ce qui nous est étranger,

Et mes éclipses et mes retours.

   

Fermée comme un volet de buis

Une extrême chance compacte

Est notre chaîne de montagnes,

Notre comprimante splendeur.

      

Je dis, ô ma martelée ;

Chacun de nous peut recevoir

La part du mystère de l’autre

Sans en répandre le secret ;

Et la douleur qui vient d’ailleurs

Trouve enfin sa séparation

Dans la chair de notre unité,

Trouve enfin sa route solaire

Au centre de notre nuée

Qu’elle déchire et recommence.

   

Je dis chance comme je le sens.

Tu as élevé le sommet

Que devra franchir mon attente

Quand demain disparaîtra.

 

René Char

 

10月19日

René-François Sully Prudhomme

 

 

 

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Ne jamais la voir ni l'entendre,

Ne jamais tout haut la nommer,

Mais, fidèle, toujours l'attendre,

Toujours l'aimer.

 

Ouvrir les bras et, las d'attendre,

Sur le néant les refermer,

Mais encor, toujours les lui tendre,

Toujours l'aimer.

 

Ah ! Ne pouvoir que les lui tendre,

Et dans les pleurs se consumer,

Mais ces pleurs toujours les répandre,

Toujours l'aimer.

 

Ne jamais la voir ni l'entendre,

Ne jamais tout haut la nommer,

Mais d'un amour toujours plus tendre

Toujours l'aimer. 

 

 

René-François Sully Prudhomme  

1839-1907 

Les solitudes

 

la femme aimée

 

10月16日

Stéphane Mallarmé

 

 

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Mon âme vers ton front où rêve, ô calme soeur,

Un automne jonché de taches de rousseur,

Et vers le ciel errant de ton oeil angélique,

Monte, comme dans un jardin mélancolique,

Fidèle, un blanc jet d'eau soupire vers l'Azur!

- Vers l'Azur attendri d'octobre pâle et pur

Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie,

Et laisse sur l'eau morte où la fauve agonie

Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,

Se traîner le soleil jaune d'un long rayon.
"


Stéphane MALLARME,
"Soupir"
Poésies, 1864.

 

10月10日

Victor HUGO

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La mer donne l'écume et la terre le sable.
L'or se mêle à l'argent dans les plis du flot vert.
J'entends le bruit que fait l'éther infranchissable,
Bruit immense et lointain, de silence couvert.

Un enfant chante auprès de la mer qui murmure.
Rien n'est grand, ni petit. Vous avez mis, mon Dieu,
Sur la création et sur la créature
Les mêmes astres d'or et le même ciel bleu.

Notre sort est chétif ; nos visions sont belles.
L'esprit saisit le corps et l'enlève au grand jour.
L'homme est un point qui vole avec deux grandes ailes,
Dont l'une est la pensée et dont l'autre est l'amour.

Sérénité de tout ! Majesté ! Force et grâce !
La voile rentre au port et les oiseaux aux nids.
Tout va se reposer, et j'entends dans l'espace
Palpiter vaguement des baisers infinis.

Le vent courbe les joncs sur le rocher superbe,
Et de l'enfant qui chante il emporte la voix.
O vent ! Que vous courbez à la fois de brins d'herbe !
Et que vous emportez de chansons à la fois !

Qu'importe ! Ici tout berce, et rassure, et caresse.
Plus d'ombre dans le cœur ! Plus de soucis amers !
Une ineffable paix monte et descend sans cesse
Du bleu profond de l'âme au bleu profond des mers.
Victor HUGO (1802-1885)